Impôt sur l'héritage au Chili
L'impôt sur les successions est un impôt sur le transfert de biens dû au décès (et sur certains dons). Il est régi par la loi no 16.271 et administré par le Servicio de Impuestos Internos (SII). Il s'applique à la valeur nette de chaque part héréditaire — c'est‑à‑dire le montant que chaque héritier reçoit après déduction des frais, dettes et autres charges autorisées. Pour déterminer cette valeur nette, sont déductibles les frais funéraires, les frais de succession (publications, honoraires d'exécuteur, frais de partage, etc.), les dettes héréditaires, les pensions alimentaires légales et la part conjugale du conjoint. Seule la partie dépassant les déductions et exonérations applicables est imposable. Si un héritier reçoit plusieurs parts dans le même héritage, ces parts sont cumulées pour calculer son assiette fiscale.
L'impôt est progressif : les taux varient selon des tranches exprimées en unités fiscales annuelles (UTA). L'échelle officielle actuelle est la suivante :
| Héritage (UTA) | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 80 UTA | 1 % |
| > 80 à 160 UTA | 2,5 % |
| > 160 à 320 UTA | 5 % |
| > 320 à 480 UTA | 7,5 % |
| > 480 à 640 UTA | 10 % |
| > 640 à 800 UTA | 15 % |
| > 800 à 1200 UTA | 20 % |
| Plus de 1200 UTA | 25 % |
Allocations familiales
La loi prévoit des montants exonérés d'impôt selon le lien de parenté avec le défunt :
- Mari, enfants et descendants (petits‑enfants, arrière‑petits‑enfants, etc.), ascendants (parents, grands‑parents, etc.) : les 50 premières UTA de chaque part héréditaire sont exonérées. Depuis 2015, le partenaire résultant d'une coexistence civile reconnue bénéficie des mêmes droits que le conjoint.
- Collatéraux de 2e, 3e ou 4e degré (frères, demi‑frères, neveux, oncles, cousins de deuxième degré, etc.) : les 5 premières UTA de la part sont exonérées.
- Autres héritiers ou personnes sans lien juridique : pas d'exemption spécifique au-delà des cas précédents. Par exemple, un partenaire non marié et non enregistré (simple conjoint de fait), des amis ou des étrangers ne bénéficient pas de l'exonération de 50 UTA attribuée au conjoint et sont en pratique imposés sur la totalité de la part, sauf si une relation juridique permet l'application des 5 UTA.
En bref : les héritiers directs bénéficient d'un abattement de 50 UTA ; les collatéraux proches d'un abattement de 5 UTA. L'assiette fiscale correspond à l'excédent de ces minima.
Surtaxes selon le degré de parenté
Le montant de l'impôt de base obtenu selon l'échelle progressive est majoré par un pourcentage en fonction du degré de parenté :
- Héritiers directs (conjoint, enfants, parents) : pas de majoration (surcharge 0 %).
- Collatéraux de 2e à 4e degré (frères, neveux, oncles, cousins proches) : majoration de 20 % sur la taxe de base.
- Personnes éloignées ou sans lien de parenté (amis, étrangers) : majoration de 40 %.
Par exemple, si la taxe de base est de 10 UTA, un frère paiera 10 + 20 % = 12 UTA, tandis qu'un bénéficiaire sans lien paiera 10 + 40 % = 14 UTA. Ces suppléments figurent au paragraphe 2 de l'article 2 de la loi no 16.271.
Délais de déclaration et de paiement
La déclaration et le paiement de l'impôt doivent être effectués dans les deux ans suivant la date du décès. Par exemple, si le décès intervient le 1er mars 2024, la déclaration et le paiement doivent être réalisés avant le 1er mars 2026. Le SII met à disposition des formulaires en ligne (formulaire 4412) pour cette démarche.
En cas de retard, la dette est ajustée selon l'IPC et des intérêts sont appliqués (1,5 % par mois). Depuis la réforme fiscale de mars 2020 (loi no 21.210), il est possible, à la demande du contribuable, d'étaler le paiement en jusqu'à trois versements annuels au 31 décembre. Si un droit reste impayé, les héritiers doivent solder le montant dû avant le 30 mars suivant la date limite.
Dans la pratique, la première étape consiste à obtenir la possession effective devant l'état civil (ou à suivre la procédure judiciaire si nécessaire). Une fois les héritiers identifiés, l'un d'eux peut soumettre la déclaration au SII en ligne. Tous les héritiers directs (conjoint, enfants, ascendants) sont légalement tenus de participer à la déclaration lorsque des biens transmissibles existent.
Exemples pratiques de calcul
Pour illustrer le mécanisme, supposons qu'une UTA vaut environ 800 000 CLP (valeur indicative au début de 2025). Trois cas typiques :
-
Faible montant — héritier direct : un conjoint reçoit une part nette de 60 UTA. Les 50 premières UTA sont exonérées, donc 10 UTA sont imposables au taux de 1 %. Impôt = 10 UTA × 1 % = 0,10 UTA. Pas de majoration (conjoint direct). Résultat : environ 0,10 UTA à payer.
-
Héritage moyen — frère : un frère hérite de 300 UTA nettes. Exonération de 5 UTA, base imposable = 295 UTA. Calcul par tranches :
- 80 UTA à 1 % = 0,80 UTA
- 80 UTA suivantes à 2,5 % = 2,00 UTA
- 135 UTA restantes à 5 % = 6,75 UTA
Impôt de base total = 0,80 + 2,00 + 6,75 = 9,55 UTA. Avec majoration de 20 % (frère) : impôt final = 9,55 × 1,20 = 11,46 UTA. En pesos, si 1 UTA = 800 000 CLP, cela représente environ 9 168 000 CLP.
-
Héritage élevé — bénéficiaire sans lien : un non‑parent hérite de 1 500 UTA. Pas d'exonération applicable, la totalité est imposée. Calcul par tranches :
- 80 UTA × 1 % = 0,80 UTA
- 80 UTA × 2,5 % = 2,00 UTA
- 160 UTA × 5 % = 8,00 UTA
- 160 UTA × 7,5 % = 12,00 UTA
- 160 UTA × 10 % = 16,00 UTA
- 160 UTA × 15 % = 24,00 UTA
- 400 UTA × 20 % = 80,00 UTA
- 300 UTA × 25 % = 75,00 UTA
Impôt de base = 217,80 UTA. Avec majoration de 40 % (sans lien) : impôt total = 304,92 UTA (valeur en CLP selon UTA).
Ces exemples montrent comment la charge fiscale dépend à la fois du montant hérité et du degré de parenté : on soustrait d'abord l'exonération applicable, on applique l'échelle progressive, puis on ajoute la majoration éventuelle.
Conseils et avertissements
- Respect des délais : ne pas attendre la dernière minute. Déclarer et payer dans les 2 ans évite des ajustements, des intérêts et des pénalités.
- Inventaire complet : inclure tous les biens et dettes en possession effective. Les omissions peuvent entraîner des redressements fiscaux. Veillez à documenter les frais funéraires, les dettes et les pensions pour pouvoir les déduire.
- Évaluation correcte : déclarer la valeur réelle des actifs (évaluations, expertises). Le SII peut revoir les évaluations, notamment pour les biens immobiliers, et ajuster l'impôt si une sous‑estimation est constatée. Utilisez des certificats et évaluations officiels.
- Exonérations disponibles : profitez de l'exonération de 50 UTA si vous êtes héritier direct. Les héritages modestes peuvent être non imposables. N'oubliez pas non plus l'exonération de 5 UTA pour les collatéraux de 2e à 4e degré. Attention : seul le conjoint ou le partenaire civil enregistré obtient l'exonération de 50 UTA ; un couple non enregistré sera traité comme non‑parent (majoration possible).
- Partage de biens : chaque part est imposée séparément. Si plusieurs héritiers existent, chacun bénéficie de son propre abattement (par exemple, deux enfants ont chacun 50 UTA d'exonération). Ne divisez pas la masse héréditaire avant d'appliquer les exonérations : la loi exige d'agréger les parts d'un même héritier pour calculer son assiette.
- Conseil professionnel : le processus de succession (possession effective, testament, partage) peut être complexe. Envisagez de consulter un notaire, un avocat spécialisé en successions ou un conseiller fiscal pour sécuriser la procédure et optimiser le paiement de la taxe.
- Couples non mariés : si un couple prévoit d'hériter mutuellement, évaluez la légalisation via la coexistence civile ou le mariage pour accéder à l'exonération de 50 UTA et éviter une possible majoration pour absence de lien juridique.
En résumé, l'impôt sur les successions au Chili est progressif et présente des exonérations importantes pour les proches parents. Connaître les montants exonérés et les majorations applicables permet d'éviter des surprises (par exemple, omettre de réclamer l'exonération de 50 UTA pour les enfants ou le conjoint).
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